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Mal dormir change ce que l'appétit réclame
On traite le sommeil comme un sujet à part, sans rapport avec l'assiette. Les mesures disent le contraire : une nuit trop courte fait monter une hormone qui donne faim et baisser celle qui rassasie. Autrement dit, la difficulté du lendemain n'est pas un manque de caractère, c'est une commande hormonale.
Ce qui a été mesuré
Taheri et ses collègues ont rapporté dans PLoS Medicine en 2004, sur plus de mille participants de la cohorte de sommeil du Wisconsin, qu'un sommeil court allait avec une leptine plus basse et une ghréline plus haute, et avec un indice de masse corporelle plus élevé. La leptine est l'hormone qui signale que les réserves sont suffisantes. La ghréline est celle qui réclame. Dormir peu, c'est donc se réveiller avec moins de signal d'arrêt et plus de signal de départ, exactement la combinaison qui rend une journée plus difficile à tenir.
Une association, pas une preuve de cause
Il faut le dire clairement, parce que beaucoup de pages ne le disent pas. Il s'agit d'une cohorte observationnelle : elle montre que ces choses vont ensemble, elle ne démontre pas à elle seule que le manque de sommeil cause la prise de poids. D'autres travaux, en laboratoire, ont observé des changements comparables après restriction de sommeil, ce qui rend l'explication plausible. Mais la prudence reste de mise : quelqu'un qui dort mal peut aussi travailler de nuit, être stressé, ou vivre une situation qui pèse par ailleurs. Retenir le lien est utile, en faire une cause unique serait faux.
Ce que cela change à table
Après une nuit courte, la faim ne demande pas n'importe quoi. Elle demande du rapide, du sucré, du très salé, parce que ce sont les aliments qui promettent le retour d'énergie le plus immédiat. Sachant cela, la parade la plus efficace n'est pas la volonté au moment du repas, c'est la préparation la veille. Avoir un repas déjà prêt, avec sa part de protéines, évite d'avoir à décider au pire moment. Et si la nuit a été mauvaise, ce n'est pas le jour d'entamer une restriction : c'est le jour de manger correctement et simplement, puis de dormir.
Un levier gratuit, souvent le dernier regardé
Le sommeil ne coûte rien, ne se vend pas, et n'a pas de marque. C'est probablement pour cela qu'il figure rarement dans les méthodes qui se paient. Il ne fera pas le travail seul, aucun levier ne le fait. Mais il rend le reste plus facile à tenir, et son absence rend le reste plus dur, ce qui revient au même vu de la fin du mois. Si vous ne deviez changer qu'une chose cette semaine, une heure de coucher stable vaut souvent mieux qu'un aliment de plus retiré de la liste.
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Cet article relaie les enseignements publics du Dr. Diaa Al-Awadi à titre informatif et éducatif. Il ne constitue pas un avis médical. Consultez votre médecin avant tout changement alimentaire. Mentions légales.
